Édition 2026
Sème le vent
Danilo Caputo est un réalisateur italien originaire des Pouilles, décor de son second long-métrage Sème le vent, qu’il a également scénarisé. Rob Hopkins est écrivain et militant écologiste engagé depuis le début des années 2000 dans la lutte pour la transition énergétique et travaillant particulièrement sur la permaculture, respectant la biodiversité. Guillaume Calop, co-fondateur et délégué général des Arcs Film Festival, modère cette rencontre.
Le film suit le parcours de Nica, 21 ans, qui abandonne ses études d’agronomie et rentre chez elle dans les Pouilles, sud de l’Italie, après trois années d’absence. Elle découvre un père endetté, une région polluée et sinistrée, des oliviers dévastés par un parasite. Nica engage toutes ses forces pour sauver ces arbres centenaires.
L’idée du film est venue au réalisateur du fait de ses origines, et notamment de son enfance à Taranto. La ville est l’une des plus grandes aciéries d’Europe, activité qu’il a toujours considérée comme la source de problèmes environnementaux, avant de se rendre compte que le problème est également dans les mentalités : seulement 30% de participation au sondage sur l’éventuelle fermeture de l’usine, constituant pourtant une nuisance sonore de premier ordre et la cause probable de nombreux cancers dans la région. La population est résignée, il s’agit d’une pollution mentale, idée développée dans le film.
Rob Hopkins partage cette idée, filant la métaphore d’une relation conjugale toxique : à la manière du pétrole défendus par certains qui vantent les avancées permises par cette énergie, il répond « Les 3 premiers mois d’une relation toxique sont merveilleux. Mais ce n’est pas pour ça qu’il faut s’y enfermer pendant 20 ans ». Le défi est alors de trouver comment créer chez la majorité un désir d’une société post-énergies fossiles, car cette transition n’est pas qu’une affaire de chiffres et d’analyses rationnelles, il s’agit aussi et surtout d’affects humains.
Le personnage de la grand-mère dans le film est en connexion avec la nature, elle symbolise selon Danilo Caputo la mémoire d’un monde d’avant le changement sociétal brusque des années 1960 d’un pays rural à l’industrialisation. Les jeunes générations entreprennent pour lui un travail d’archéologue pour retrouver ces valeurs antérieures, ce à quoi Rob Hopkins participe pleinement du fait de son statut d’enseignant, transmettant aux nouvelles générations ce désir d’une société ayant achevé sa transition écologique.
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